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Histoire de la Compagnie

L'appel de la pelle
et de la pioche

En septembre 1915, le gouvernement britannique demande la création de compagnies de tunneliers dans les colonies et dominions de l'Empire. Ils doivent ainsi aider les tunneliers anglais dans la guerre qui se mène sous le no man's land.


Portrait du Sapper Robert Adolphus Port, Photographié par Herman John Schmidt avant son départ à la guerre en 1916 (Reference Number: 31-P2428, Auckland City Libraries, New Zealand)

L'appel de la pelle et de la pioche



RECRUTER LES HOMMES

Des mineurs d'or au travail dans une mine

L’enrôlement pour former la Mining Company commence le 17 septembre 1915. Le recrutement doit être à la fois rapide et efficace. Incorporer des hommes qui connaissent déjà le métier est l’unique moyen de respecter les délais très courts. La presse se fait l’écho du Gouvernement et les colonnes des quotidiens nationaux et régionaux lancent un appel pour recruter des hommes et surtout des mineurs ou des personnes ayant une expérience dans l’activité de creusement.

Les relations entretenues par l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande ont favorisé la rapidité avec laquelle les Néo-Zélandais ont répondu à l’appel du gouvernement britannique. L’initiative de créer une compagnie de tunneliers est lancée à la demande de la War Office de Londres le 10 septembre 1915. Cette requête du gouvernement anglais fait suite à une pénurie de mineurs dans ses propres rangs. La situation devenue délicate doit être résolue rapidement afin de fournir des compagnies de tunneliers prêtes à combattre sur le front le plus vite possible.

Des mineurs qualifiés et des ingénieurs civils sont chargés du recrutement. Ainsi, les nouvelles recrues sont choisies sur leurs qualités. Une visite médicale s’assure de la bonne condition physique des hommes. Ensuite, on vérifie le respect des critères de sélection : être âgé entre 21 et 40 ans et être en bonne santé. Puis l’engagé est interrogé sur ses connaissances minières par une commission composée d’un inspecteur des mines, de mineurs qualifiés et d’ingénieurs civils.

Même si plus d’un homme sur deux exerce sa profession dans les activités minières, le recrutement montre une diversité de métiers à la fois manuels comme ouvriers, bûcherons, charpentiers ou jardiniers, mais aussi intellectuels tels que contremaîtres, employés, géomètres ou encore ingénieurs. L’efficacité de la compagnie est de réunir autant de compétences qui sont autant de points forts lors du combat sous terre.

Ainsi, les hommes sont venus de toute la Nouvelle-Zélande. Certains ont parcouru à peine plus d’une dizaine de kilomètres pour se rendre au camp d’entraînement de la compagnie, situé dans la proche banlieue d’Auckland, à Avondale. D’autres, au contraire qui habitent dans l’île du Sud, ont traversé tout le pays. Néanmoins, le nombre d’engagements n’a pas été uniforme sur l’ensemble du territoire. 80% des individus du corps principal viennent de l’île du Nord et notamment des régions d’Auckland, de Waihi, d’Huntly ou de Te Kuiti.


L'ENTRAINEMENT

Le champ de course d'Avondale près d'Auckland avant la guerre

À partir de la deuxième semaine d’octobre, les hommes recrutés dans toute la Nouvelle-Zélande doivent rejoindre le camp d’entraînement à Avondale près d’Auckland. Auckland est choisi dès le début pour être le camp d’entraînement de la compagnie, mais le Département de la Défense ne trouve pas de lieu approprié pour accueillir trois à quatre cents hommes. Finalement, le 20 septembre 1915, le Jockey Club d’Avondale met à la disposition de l’Armée ses locaux.

Les hommes ne connaissent rien au monde militaire et encore moins à la discipline. Et pour compliquer encore la tâche du personnel instructeur, le camp est situé sur un champ de course ouvert et non dans une enceinte militaire, à quelques minutes à pied de la plus grande et de la plus animée des villes de Nouvelle-Zélande.

Lorsque le Lieutenant Neill découvre pour la première fois les recrues de la compagnie, les hommes ressemblent à tout sauf à des soldats. Ils portent encore leurs vêtements civils, trahissant pour certains, leur métier de bûcheron, de chercheur d’or, de mineur ou encore de terrassier. Les premiers jours de la compagnie s’annoncent difficiles. Pourtant, c’est dans cet environnement bien particulier qu’est née l’une des compagnies les plus originales de l’armée néo-zélandaise.

Chaque matin, les hommes effectuent des tours de piste du champ de courses pour réveiller les muscles. Ensuite, ils partent pour une marche de 6 heures. Durant les premiers jours, les hommes les plus âgés se sentent frustrés car ils ne se sont pas engagés pour courir et parader autour d’un champ de courses.

Cependant, l’agréable printemps de la fin de l’année 1915 a un effet bénéfique sur les hommes. Et très vite, tous les individus sont gagnés par l’esprit. Les hommes font de leur mieux pour être de bons soldats. Les futurs officiers et NCO sont concentrés à leur tâche, même s’ils manquent parfois d’initiative. Bien qu’aucun d’eux n’ait d’expérience militaire, leurs efforts sont très prometteurs. L’entraînement est très basic et reprend dans les grandes lignes l’entraînement des corps d’infanterie. Les hommes sont dans la grande majorité d’âge mûr, la moyenne d’âge est d’environ 30-40 ans. Ce ne sont pas des enfants qui jouent à la guerre, mais des hommes matures en bonne condition physique.

À la fin du mois de novembre, la date d’embarquement est finalement fixée, après de nombreux reports, au 18 décembre 1915 et l’organisation de la compagnie est constituée en quatre sections. Pendant que les officiers organisent les préparatifs du départ, les hommes continuent leur formation.